Entrevue BD avec David Gauthier

28 Juin 2016, entrevue avec…

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David Gauthier,

mieux connu sous ‘’Le David Gauthier’’. Le 27 novembre 2014, vous avez fait le lancement de la BD ‘’Le poids du vide’’. Vous avez fait la page couverture du ‘’Le comic book de la boite à BD de Laval de 2015, ainsi qu’illustrer quelques pages. Vous avez continué votre participation à ce livre annuel de 2016 en y offrant 2 pages.

Vous parraissez dans la revue Zidara9. Vous avez fait je crois une incursion dans Frivolesque?  Et aussi dans quelques fanzines, et mis votre présence dans plusieurs Festival de BD, dans certaines librairies pour des scéances de dédicace et j’en oublie sûrement une pleine page.

Bref , Le David Gauthier, vous avez une très belle feuille de route!!!

Alors voici mes questions, qui j’espère, ne seront pas trop ennuyantes…

 

Comment êtes-vous devenu auteur de BD? Lorsque je me suis retrouvé en période d’attente entre deux emplois, j’ai eu l’occasion de réaliser un projet pour moi. J’ai pensé à ce que j’aimais faire et à ce que je souhaitais atteindre comme objectif pendant ce temps libre. Comme je désirais dessiner, raconter une histoire et faire réfléchir les gens, la BD s’est avérée être le choix le plus intéressant. Depuis, je suis resté accroché…

Depuis combien de temps faites-vous de la BD? On peut dire que j’ai commencé à faire de la bande dessinée pendant les cours du secondaire avec un ami. Nous desssinions des BD à relais avec un personnage nommé Mutang, alors que le professeur expliquait la matière. C’était surtout un prétexte pour mettre en scène de l’ultra-violence improvisée dans un scénario simpliste. Enfin, j’ai commencé à faire sérieusement de la BD seulement à partir de 2011, lorsque j’ai écrit et illustré Le poids du vide.

Est-ce que vous êtes illustrateur, scénariste ou les deux? À l’exception d’un court scénario que Rémi Paradis a illustré, habituellement, je m’occupe de tout. Cela m’apporte une plus grande autonomie. Éventuellement, j’aimerais bien un jour travailler avec un scénariste pour un album complet, et ainsi vérifier à quel point le résultat peut être amélioré par la collaboration.

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir besoin de l’aide d’un scénariste ou d’un illustrateur? Pour l’instant, il ne m’est jamais arrivé d’être vraiment bloqué, de devoir demander de l’aide. Depuis 2011, j’ai rencontré plusieurs scénaristes, illustrateurs et écrivains qui partagent généreusement leur savoir. Lorsque je suis confronté à un problème dans une BD, j’ai souvent déjà une piste, une voie vers une solution, grâce à ce que m’ont appris ces gens.

Qu’est-ce qui vous allume dans le métier de bédéiste?  Il y a deux choses qui m’attirent dans la BD. La première est de passer un message. La seconde est de représenter visuellement un univers qui existe dans mon imagination.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus lors de la création?     La source d’inspiration change d’une scène à l’autre, d’une case à l’autre. Parfois, il s’agit d’une émotion. Parfois, d’une situation. Il peut aussi s’agir d’une vision que j’ai eue, de la pose d’un passant dans la rue, d’un trait de visage que j’ai vu quelque part ou encore d’une pièce musicale. C’est souvent un petit détail qui me lance sur un élan de création.

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou bien improvisez-vous au fur et à mesure ?   Lorsque j’écris une histoire, je commence par dessiner une série d’images que je trouve inspirantes.  Ensuite, je regarde le résultat et je l’analyse. J’y découvre alors des indices inconsciemment cachés qui me révèlent l’ordre de présentation de ces illustrations. Je continue à illustrer, si nécessaire, puis je rejoue avec mon scénario. Ultimement, l’histoire m’apparait par elle-même et l’écriture se fait ainsi très facilement, en passant d’un dessin à l’autre.

Est-ce qu’il vous arrive d’écrire la nuit ?   Comme je me lève habituellement à 10 h et que je me couche vers 2 h du matin, je produis davantage pendant la nuit. Puis, je préfère créer lorsque tout est calme et que tout le monde dort.

Faites-vous beaucoup de recherches ? Vous documentez-vous le plus possible?   Puisque mon genre narratif est la science-fiction et que je place les relations entre les individus au premier plan, il y a peu de recherches pertinentes nécessaires. Il m’arrive de faire certaines vérifications concernant des détails, tel que la position de la Lune par rapport à la Terre, mais ce n’est pas vraiment capital pour le récit.

Pour écrire, avez-vous besoin d’une certaine ambiance, des conditions de travail particulières ?   Le plus important, c’est la musique. La musique m’inspire et unifie ma production. Lorsque je travaille sur un projet, j’écoute les mêmes pièces musicales tout au long de la création afin de garder un style cohérent du début à la fin. La musique (et les écouteurs) m’aident également à me créer une bulle et à me couper des distractions extérieures.

Quelle est la phase la plus difficile, dans l’écriture d’une bd?   Je dirais qu’il n’y a pas réellement d’étape plus difficile qu’une autre pour moi. En fait, elles me semblent toutes faciles et agréables la plupart du temps. Cependant, la vraie difficulté est de trouver du temps. Comme la BD est rarement lucrative, il faut souvent occuper un emploi en parallèle. Je crois que l’équilibre entre production et rentabilité est le principal défi pour les bédéistes indépendants d’aujourd’hui.

Utilisez-vous à l’occasion des personnages réels dans vos BD?   Oui et non. J’utilise parfois la physionomie de gens réels, certains traits de personnalité, des évènements qui sont arrivés, mais le résultat n’est jamais quelqu’un de réel. Toutefois, il m’arrive de cacher un ami ou un personnage célèbre parmi les figurants.

Pour revenir à vos écrits; quel est votre BD ou fanzine qui s’est le mieux vendu ?   C’est probablement Le poids du vide et le volume 7 de Zidara-9 dont j’ai illustré la couverture.

BD ''Le poids du vide'' zidara9 vol 7

Est-ce que votre roman graphique ‘’Le poids du vide’’ s’est bien vendu ou a-t-il été au-delà de vos attentes?   Chaque étape de cette publication a été au-delà de mes attentes. Comme il s’agissait d’un objectif que je m’étais fixé (à savoir si j’arriverais à compléter entièrement une bande dessinée), voir celle-ci imprimée à 300 copies et être nominé pour le Prix Bédélys indépendant 2015, c’était beaucoup plus que ce que j’espérais! Surtout qu’au départ, je ne visais simplement qu’à terminer toutes les pages pour en imprimer qu’une seule copie.

Et parmi vos propres livres, lequel est votre préféré ?   N’ayant qu’un seul livre à mon actif (Le poids du vide), il est facile d’y répondre. Cependant, j’ai participé à plusieurs collectifs et parmi mes courtes bd, ma préférée est probablement Sekushina Josei Warrior, un récit qui traite des produits de collection exploitant et entretenant la solitude chez les geeks.

Aimez-vous rencontrer souvent vos lecteurs, pourquoi ?   J’adore rencontrer mes lecteurs car ils ont tous une vision différente de mes bédés. Lorsque j’échange avec eux, j’en apprends sur moi-même, et je réfléchis suite à leurs analyses qui diffèrent de celles que j’ai déjà posées auparavant. J’aime leur présenter des aperçus de mes projets en cours et ainsi récolter des commentaires pertinents qui me permettent de valider ou d’améliorer mon travail futur. C’est aussi l’occasion parfaite pour recevoir des recommandations de lecture, de musique ou de films. Après tout, si un lecteur a aimé une de mes BD, c’est potentiellement parce que nous avons plusieurs intérêts communs!

Et la question qu’on ne vous pose jamais, mais à laquelle vous aimeriez répondre ?   Quelle musique écoutez-vous pour vous inspirer? Ma réponse : Pour mon prochain projet, j’écoute principalement du Goat, du Blasted Mechanism, du Dissidenten et du Zafer Dilek.

Merci beaucoup pour vos réponses

Merci de la part de vos lecteurs!

Publié par

Robert Hébert

Robert est un grand amateur et collectionneur de bande dessinée québécoise.