Entrevue avec David Therrien

         Si je peux vous poser des questions utiles, pour que vos admirateurs, et même pour les nouveaux , puissent découvrir quelques facettes inédites, j’en serai très heureux d’avoir éclairé certains points inconnus de votre personnage.

Mais auparavant, voici une intro que j’aimerais placer avant l’entrevue , si vous me le permettez. Oui oui.

 

David Therrien,

dave therrien

Mieux connu sous le DaveStudio, je me suis permis de faire un copier/coller de votre introduction que l’on peut lire sur votre site. OK. Alors : ‘’DaveStudio, offre un service personnalisé dillustration, de bande dessinée et de dessin animé, que ce soit pour un projet personnel, pour votre entreprise, pour promouvoir un produit ou un événement.

Autres services offerts: comics strips, design de personnages, scénarimage, infographie & graphisme, animation flash-2D , dessin animé traditionnel, montage vidéo, courts métrages d’animation, scénarisation, etc. DaveStudio fait aussi du maquillage d’effets spéciaux, sur demande, à l’Halloween.’’

À ce stade, ce qui me rend craintif, ça serait le nombre incroyable d’entrevues que je devrais faire pour vraiment cerner la personne que vous êtes. Ou bien, il faudrait écrire une biographie qui pourrait faire découvrir l’artiste, David Therrien. Bin voyons! À ce point-là? Merci.

N’ayant pas ce talent, je me contenterai de dire aux lecteurs, que vous avez à votre actif 8 tomes de ‘’Martin, le Ninja’’,  la vie étrange d’un comptable et qu’un numéro 9 est en chemin… Vous avez illustré les 2 livres de ‘’Pierre et la pierre’’qui cherchent à vendre des roches, écrit avec Jean Marquis. Et lui aussi il aura un nouveau numéro, car il est en cours de route… Que depuis maintenant 5 ans, vous participez au livre annuel ‘’le Comic Book de la Boite à BD.’’  Participation exceptionnelle au Journal Accès dans les Laurentides. …et j’en oublie…

Vous vous occupez, avec Jean Marquis, de l’édition et de faire imprimer la bande dessinée de Laurent Castille, un artiste qui vit en Belgique; il s’agit de ‘’Les Passagers’’ une série de 10 livres dont le numéro 3 devrait sortir bientôt.

Pour le ComicCon de Montréal 2016, vous avez terminé et gardé le secret, très jalousement, d’un sketchbook vraiment spécial. Selon Jean Marquis, tout le contenu est inédit. La seule annonce officielle est que si vous voulez le voir et le lire, vous devez vous rendre au ComicCon pour vous le procurer. Bien entendu, il y aura quelques copies en vente à la Boite à BD de Laval dans cette même fin de semaine. Et la SEULE CHOSE QUE J’AI PU SAVOIR, c’est qu’il n’y aura que 50 copies d’imprimées et qu’il n’y aura pas de réimpression. Donc, le mystère est grand, qui aura la chance de s’en procurer UN? Vu que la bande dessinée Pierre et La Pierre #3 n’est pas encore finie d’être encrée, et c’est entièrement de ma faute, Jean et moi ne voulions pas sortir une BD à la dernière minute. On voulait quand même sortir quelque chose de nouveau pour le ComicCon de 2016. Jean a donc eu l’idée d’un sketchbook : un livre avec un contenu inédit, 50 copies numérotées et signées. Un « one shot deal » / livre de collection. Effectivement, les invendus du ComicCon sont disponibles à La Boite à BD de Laval, tant qu’il y en aura.

On peut aller vous rencontrer dans différents festivals de BD, soit au ComicCon, soit FBDM du parc Lafontaine, soit au Festival de la BD à la ville de Prévost, au marché de Noël à Sainte-Sophie bien à la Boite à BD lors de certains évènements , surtout au lancement de vos livres. Oui, mais cette année, je ne serai pas au Festival de la BD de Prévost. C’est bien dommage pour nous, vos admirateurs et lecteurs.

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Dans ces festivals, ce qui est bien aussi, c’est que l’on peut se procurer des dessins faits sur place, des macarons, des cartes des Noël ou pour d’autres moments spéciaux, vos planches originales en vente, des collants, des statuettes de Azazel et  Gouel, des crayons à votre nom, etc., etc.

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Bref, vous êtes un artiste à multifonctions!

Merci! Oui, c’est un peu ça aussi le nom de mon entreprise. DaveStudio, un gars qui fait presque tout. J’ai fait de la sculpture dans le passé, du moulage, de la peinture, mais je n’ai pas le temps de tout faire. Je me concentre sur ce que j’aime le plus : la bande dessinée et le dessin animé.

 Alors voici mes questions, qui j’espère, ne seront pas trop ennuyantes…

Comment êtes-vous devenu auteur de BD? Je donnais des cours de dessin et de bandes dessinées pour les loisirs de la ville de Saint-Jérôme. C’est un de mes élèves de l’époque ( il devait avoir 10 ou 12 ans ) qui m’avait dit : « C’est ben l’fun tes trucs, mais toi, tu as fait quoi comme BD? » C’était arrogant, mais c’était vrai. J’avais créé des centaines de BD quand j’étais plus jeune, mais, je n’avais jamais imprimé quoi que se soit de façon professionnelle.

Depuis combien de temps faites-vous de la BD? Je fais de la BD depuis que je suis enfant. C’était mon activité préférée au secondaire. Professionnellement, j’en fais depuis 2010.

Est-ce que vous êtes illustrateur, scénariste ou les deux? Les deux. J’ai toujours aimé créer des histoires et inventer des mondes. J’ai très longtemps été un admirateur de Dongeons & Dragons, les livres dont vous êtes le héros, les livres de Forgotten Realms … J’aime bien dessiner pour les autres, mais, quand je dessine mes propres histoires, ça se fait presque tout seul. J’entre presque en transe, dans ma bulle.

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir besoin de l’aide d’un scénariste ou d’un illustrateur? Ça arrive. Jean Marquis écrit Pierre et La Pierre, que je dessine. Je n’ai jamais eu besoin d’un autre illustrateur à date. Mais pour un contrat de dessin animé d’envergure, je n’aurai pas l’choix.

Est-ce que vous détestez un de vos livres? Et pourquoi? Oui. Mon premier tome Martin le NINJA, je voulais le brûler, ah.ah.ah.ah! J’avais commencé un concept de livre pour toilette, que j’ai fini par détester. Au début, je dessinais chacune des cases à part sur une feuille, en gros format. Ensuite, je réduisais dans Photoshop et souvent, je coupais des dessins qui m’avaient pris des heures à faire. Mes 7 premiers livres ont été faits de cette façon. Donc, pour une page de BD, je pouvais avoir entre 6 et 12 pages de dessins originaux. Heureusement, j’apprends de mes erreurs. Ça aide de travailler à deux. Quand Jean regarde mon travail, il a un œil objectif et ça m’aide à m’améliorer.

Est-ce que vous aimez un de vos livres plus que les autres?  Et pourquoi? Bin oui! Celui que j’aime le plus, à cette date-ci, c’est celui que je suis en train d’encrer : Pierre et La Pierre #3. Mais, j’ai vraiment très hâte de dessiner Martin le NINJA #9. Je me mets en danger dans plusieurs pages et j’ai très hâte de voir comment je vais m’en sortir.

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou bien improvisez-vous au fur et à mesure ?   J’avoue que j’étais beaucoup plus brouillon avant, mais, j’écris maintenant tous mes scénarios d’avance. Je fais ensuite mon découpage technique, case par case ou action par action, je calcule la composition… D’ailleurs, merci à Pat Boutin pour ses précieux conseils!

Est-ce qu’il vous arrive d’écrire la nuit ?   J’écris surtout la nuit.

Faites-vous beaucoup de recherches ? Vous documentez-vous le plus possible?   Pour Martin le NINJA, j’ai fait énormément de recherches sur l’angélologie, les mythologies, les religions et la démonologie. J’ai aussi beaucoup lu – et je lis encore beaucoup – sur la psychologie humaine. Je ne veux pas que mes BD soient trop lourdes à lire, mais j’aime bien qu’il y ait un fond solide à ce que je fais. Après ça, je peux créer des trucs complètement pétés!

Pour écrire, avez-vous besoin d’une certaine ambiance, des conditions de travail particulières ?   J’adore le silence. Peu importe où je suis, si j’ai la sainte paix, tout va bien. Et du café : çà c’est essentiel.

Quelle est la phase la plus difficile, dans l’écriture d’une BD?   Pour moi, c’est de trouver le sujet. Trouver de quoi je veux parler. Dès que c’est fait, ça coule tout seul.

Utilisez-vous à l’occasion des personnages réels dans vos BD?   Dans Pierre et La Pierre, Jean Marquis, ajoute toujours de vraies personnes autour des personnages fictifs, dans ces histoires. Dans Martin le NINJA, je mets des créatures « connues » de la mythologie grecque, romaine ou autre. Martin est totalement inspiré d’un de mes meilleurs chums qui s’appelle Martin aussi, mais ce n’est pas du tout le même gars. (dans le tome 2, je fais partie de l’histoire durant quelques pages ).

Pour revenir à vos écrits;  comment peut-on définir le format de vos livres? (Car ce ne sont pas des fanzines, ni des fascicules, ni des livres en tant que telles.)  Je trouve ça drôle. Par définition (Larousse), une bande dessinée c’est un « mode de narration utilisant une succession d’images dessinées, incluant, à l’intérieur de bulles, les paroles, sentiments ou pensées des protagonistes. » Même si mes livres sont d’un format différent, ce sont des bandes dessinées, imprimées sur du papier, reliées ensemble donc, un livre. J’ai choisi de les imprimer en 6 X 9 pour avoir un format un peu différent, sans toutefois être un format de poche. À mi-chemin entre le Comic Book américain et le manga japonais.

Est-ce que votre dernière BD de Martin le Ninja s’est bien vendue ou a-t-elle été au-delà de vos attentes?   Oui, à date, le numéro 8 semble bien se vendre. C’est sûr que j’aimerais en vendre plus. Il faut que les gens parlent de nous, qu’on se fasse reconnaître de plus en plus. Le consommateur achète ce qu’il connait et rachète ce qu’il aime.

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Avez-vous obtenu des prix littéraires ? Lesquels ?   Non. Si jamais Martin le NINJA obtient un prix de littérature, je vais pleurer de rire!!! Ahahahaa!!

Est-ce important à vos yeux d’avoir un prix littéraire ?   Non. Tant que ces prix ne seront pas dans des galas télévisés, les ventes des bandes dessinées n’augmenteront pas significativement parce que telle ou telle BD a obtenu un prix. Si on regarde l’oeuvre et la carrière de Gilles Latulipe, il n’a jamais eu de subvention, de prix, ou de reconnaissance que ce soit – sauf peut-être quelques mois avant sa mort. Il a toujours été boudé par l’industrie de l’humour. Pourtant, chaque soir, sa salle de spectacle était toujours pleine.

Aimez-vous rencontrez souvent vos lecteurs, pourquoi?   Oui. Même si je n’aime pas vraiment être en public, dans une foule, j’aime quand mes lecteurs me disent comment ils trouvent mes BD. C’est gratifiant et c’est la meilleure des payes.

Avez-vous déjà eu de très mauvaises critiques sur un de vos livres ou un dessin?   Bin oui! Ah.ah.ah.ha.ha! Les goûts sont dans la nature. Je ne peux pas plaire à tout le monde!

Et la question qu’on ne vous pose jamais, mais à laquelle vous aimeriez répondre ?   J’y ai répondu plus haut, sur ma méthode de travail et de scénarisation.;)

 

Merci beaucoup pour vos réponses

                                                                      Merci beaucoup Robert!!!

 

Publié par

Robert Hébert

Robert est un grand amateur et collectionneur de bande dessinée québécoise.