Entrevue avec François Donatien

Un bédéiste Montréalais

François ,

13418472_907073746081785_6404301810259397620_o

                                                                                                    vous avez à votre actif 2 livres collectifs, Mémoires Sélectives et l’Échec; 1 livre en duo, La licorne sur la larme; 6 fanzines, dont Basé sur des faits réels, Paaarté!, Chic planète, Les funérailles, La fête des mères, La fête des pères et, finalement, votre livre BD Minimax, qui a eu une seconde édition.

Et c’est sans parler des à coté; pochette de disque, le feuillet ReZine et autres, ainsi que depuis peu vous nous offrez des illustrations inédites lors de Festival, et autres expositions.

Bref , François Donatien, vous avez une très belle feuille de route!!!

Alors voici mes questions, qui j’espère, ne seront pas trop ennuyantes…

Comment êtes-vous devenu auteur de BD?   En 2006, j’ai trouvé un emploi de soir. Insomniaque, je devais trouver quelque chose pour occuper mes nuits, à mon retour, surtout que la chaîne CFCF avait alors remplacé ses projections de kung fu cotés 7 par des infopubs sans intérêt.

Depuis combien de temps faites-vous de la BD?   J’ai toujours rêvé d’en faire. J’ai commencé à me prendre au sérieux en 2006.

Est-ce que vous êtes illustrateur, scénariste ou les deux?   En général, les deux. J’ai aussi fait quelques collaborations avec des amies, c’est le fun aussi.

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir besoin de l’aide d’un scénariste ou d’un illustrateur?   Parfois, je soumets une idée à moitié bonne à des ami/es auteur/es pour avoir leur avis et trouver le moyen de l’améliorer.

Qu’est-ce qui vous allume dans le métier de bédéiste?   C’est plus simple que le cinéma et moins contraignant que la littérature.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus lors de la création?   Je ne suis pas certain. Rendre plus tangibles des images ou idées qui m’habitent – limite des obsessions que j’ai envie de rendre relativement plus réelles.

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou bien improvisez-vous au fur et à mesure ?   Le déclic est généralement un dialogue ou une scène brève. Je développe un synopsis autour, mais j’aime bien me laisser une marge d’invention afin que le dessin ne devienne pas simplement une illustration plate de mon synopsis.

Est-ce qu’il vous arrive d’écrire la nuit ?   Avant: tout le temps. Maintenant, c’est plus difficile, avec mes responsabilités de ‘grande personne’. Durant les vacances, parfois.

Faites-vous beaucoup de recherches ? Vous documentez-vous le plus possible?   Je parle, dans mes histoires, d’un quotidien qui se rapproche de ma propre existence, ainsi que de préoccupations propres à moi (notamment, la musique, la ville, la mort, les femmes qui portent de grosses lunettes), alors, je ne fais pas tellement de recherche. Mon prochain projet en nécessitera possiblement plus, mais il est embryonnaire, alors je n’en suis pas encore rendu là.

Pour écrire, avez-vous besoin d’une certaine ambiance, des conditions de travail particulières ?   Je ne jouis que de quelques heures par semaine pour faire avancer mes projets, alors j’ai appris à ne pas être trop capricieux pour les conditions de travail.

Quelle est la phase la plus difficile, dans l’écriture d’une bd?   Mettre en branle le dessin-au-propre. Les premières cases.

Utilisez-vous à l’occasion des personnages réels dans vos BD?   Des ami/es en figuration dans les scènes de foule, ça compte?

Pour revenir à vos écrits; quel est votre BD ou fanzine qui s’est le mieux vendu ?    Mon livre publié dans la Collection Colosse, «Minimax».

Est-ce que votre roman graphique «Minimax» s’est bien vendu ou a-t-il été au-delà de vos attentes?   Définitivement au dessus de mes attentes.

il_570xN_651998022_8ouq

Est-qu’il y aura un Volume 2 pour Minimax?   J’ai plusieurs idées de récits pour un deuxième tome. Éventuellement, si je vis assez longtemps, j’aimerais le faire. Mais, pour l’instant, j’ai plutôt envie de faire des albums autour des quelques-unes des amies de Minimax. Donc, on retrouvera Minimax dans ces livres, mais en personnage secondaire.

Avez-vous obtenu des prix littéraires ? Lesquels ?   En 2015, mon album «Minimax» a reçu une nomination pour le prix «Bande dessinée francophone» de la foire d’autoédition Expozine et il a remporté le «Bédélys indépendant» (j’ai chez moi l’une des splendides sculptures de Karl Dupéré-Richer! [se pince])

11391541_10155658580405608_3635726803311916315_n

Est-ce important à vos yeux d’avoir un prix littéraire ?   C’est certainement très stimulant, encourageant. Mais, je ne crois pas que c’est important.

Et parmi vos propres livres, lequel est votre préféré ?   Mon album «Minimax», certainement. Il ressemble à un ‘vrai’ livre (je ne remercierai jamais assez ce magicien de la mise en page qu’est Vincent Giard, qui m’a énormément aidé à donner un cachet professionnel à l’album). J’ai aussi beaucoup d’affection pour ma collaboration avec Jacinthe Chevalier, une artiste totale dont j’adore le travail, «La Licorne sur la larme», un zine old school, recueil de poésie/illustrations trash qui m’a fait sortir de ma zone de confort.

Aimez-vous rencontrer souvent vos lecteurs, pourquoi ?   L’autoédition multiplie les possibilités de rencontrer des lecteurs, puisque je me déplace d’événement en événement pour vendre mes livres, ce qui est vraiment plaisant! J’adore rencontrer des lecteurs car les gens qui lisent de la bande dessinée autopubliée sont curieux, ouverts d’esprit, amoureux d’art — les gens les plus passionnants! De plus, ils sont souvent eux-mêmes auteurs de bande dessinée ou écrivains et je deviens à mon tour leur lecteur!

Et la question qu’on ne vous pose jamais, mais à laquelle vous aimeriez répondre ?   Je trouve ça un peu gênant, répondre à des questions, alors, rien ne me vient à l’esprit. Merci.

 

Merci beaucoup pour vos réponses!

Merci de la part de vos lecteurs!

 

Publié par

Robert Hébert

Robert est un grand amateur et collectionneur de bande dessinée québécoise.